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Centrale Thermique Cap Ghir : Les termes de référence pour l’Etude d’Impact sur l’Environnement remis aux Autorités et aux Elus. Oui, mais … L’ONE a remis officiellement aux Autorités les termes de référence concernant l’Etude d’Impact sur l’Environnement au sujet du projet de la centrale thermique à base de charbon prévue sur le site du Cap Ghir, à une quarantaine de Km d’Agadir. Les élus, à travers le Conseil Préfectoral d’Agadir Ida Ou Tanane ont reçu également ces termes de référence. Une consultation s’est engagée immédiatement avec l’Université Ibn Zohr pour l’analyse de ces termes de référence devant permettre leur validation. Mais déjà la question principale que se pose chez les élus, chez la population et les opérateurs du tourisme : qu’en sera-t-il après, une fois l’étude d’impact réalisée ?
Il faut dire que l’inquiétude augmente au fur et à mesure des semaines au sujet de cette centrale qui alimente bien de discussions à Agadir, comme à Tamri, Taghazout ou Aghroud. Le charbon crée une grande peur chez tout le monde à cause des conséquences connues et prévisibles sur la bio diversité dans la zone, mais également sur le développement touristique balnéaire allant du Cap Ghir à Tifnit. L’ONE a beau rassurer à travers l’utilisation prévue de techniques ultramodernes de combustion et d’exploitation de la centrale, mais le charbon n’est tout de même pas une énergie propre, encore moins renouvelable et sans incidences sérieuses sur l’environnement. Les objectifs, d’ailleurs, comme spécifié par l’ONE dans le document concernant l’étude d’impact prévue, permettront « d’évaluer de manière méthodique et préalable, les répercussions éventuels, les effets directs et indirects, temporaires et permanents du projet sur l’environnement et en particulier sur l’homme, la faune, la flore, le sol, l’eau, l’air, le climat, les milieux naturels et les équilibres biologiques, sur la protection des biens et des monuments historiques, le cas échéant sur la commodité du voisinage, l’hygiène, la salubrité et la sécurité tout en prenant considération les interactions entre ces facteurs… d’informer la population concernée sur les impacts négatifs du projet sur l’environnement ». Tout est dit et c’est ce qu’ attend l’Opinion publique locale, régionale, nationale et internationale vu l’importance stratégique en matière de développement touristique de toute la zone touristique balnéaire étant donné les investissements touristiques internationaux en vue et à venir. Il est à rappeler que le projet de la centrale thermique du Cap Ghir consiste en la réalisation : - d’une thermique conventionnelle au charbon de 2 fois 660 MW, - un quai charbonnier au site de la centrale devant recevoir des bateaux de 100 000 tonnes de charbon, - des lignes électriques 400 KV reliant la centrale au poste d’Ait Melloul. L’appel d’offres relatif à l’EIE ( Etude d’Impact sur l’Environnement) porte sur la centrale thermique, sur les lignes électriques et sur la réalisation du port charbonnier. Il est à savoir, que parallèlement à cela, l’étude d’impact comprend l’élaboration d’une mise au point d’un plan de gestion environnementale, selon le document de l’ONE, qui doit spécifier et recommander des mesures applicables et d’un coût-efficacité optimal pour prévenir ou réduire à un niveau acceptable les impacts négatifs majeurs du projet, dans sa globalité ( centrale, lignes électriques et quai charbonnier) en phase ce construction et en phase d’exploitation. Bref lorsque l’ONE, en parlant des impacts négatifs majeurs du projet, admet que l’utilisation du charbon n’est pas sans danger. Mais il cherche à atténuer les conséquences du projet dans sa globalité à travers l’utilisation de techniques modernes qui réduisent, d’accord, mais n’écartent nullement les conséquences sérieuses et réelles sur l’environnement, notamment dans la zone qui est à la fois une zone maritime ( de pêche pour la population locale), une zone incluse dans la biosphère arganeraie, une zone de grande bio diversité, une zone de développement touristique incluse dans un Schéma Directeur de Développemnt du Littoral et non des moindres, une zone avec un SIBE ( Site d’Intérêt Biologique et Ecologique) officielle. Que dire de plus… En tout cas, l’ONE paraît décidé d’aller jusqu’au bout de son projet. Les élus sont convaincus de plus en plus, pour faire le nécessaire, d’abord en y voyant voir clair à travers les résultats de l’étude d’impact sur l’environnement, puis à travers une mobilisation générale pour la sensibilisation au sujet des conséquences néfastes de l’implantation d’un tel projet au Cap Ghir, afin de prendre la position responsable qu’il faut. L’ONE avance que des centrales similaires existent dans des zones similaires, dans certains pays limitrophes, notamment l’Espagne et le Portugal. Les élus ne demandent qu’aller, constater de visu sur place afin d’avoir le cœur net et savoir à quoi s’attendre. Quoique que comparaison, n’est pas forcément raison. L’environnement socio-politique, civique, économique, entre autres, n’est pas le même dans les pays européens cités et chez nous. N’empêche que savoir vaut mille fois mieux de rester dans le noir. Cela enrichit les expériences, les discussions et peut aboutir à des terrains d’entente. La meilleure solution pour le Cap Ghir reste, vu tous les éléments évoqués, de ne pas faire le projet du tout dans sa version charbon. Les énergies renouvelables, notamment l’éolien et le solaire existent. Il faut en profiter et faire d’une pierre deux coups : produire de l’électricité et veiller à la préservation de l’environnement. Ainsi, la libéralisation de la production électrique au Maroc, devient-elle urgente. L’actuel directeur général de l’ONE, en sait quelque chose, puisqu’il y était l’un des convaincus de la cause de la libéralisation de la production électrique, lorsqu’il travaillait à la Banque Mondial. |