Lorsqu’on observe le parcours de la ville d’Essaouira ces dernières années, principalement depuis les années 90, on comprend mieux comment le tourisme peut-il devenir, au fils des ans, un vrai vecteur de développement économique. La Cité des Alizés s’était engagé dans une voie particulière et singulière qui l’a acheminé peu à peu à entrer dans la sphères des destinations touristiques nationales de grande importance.
Le défi de développement d’Essaouira fut bâti sur un concept à la fois novateur et difficilement réalisable. Cela consistait ( l’est d’ailleurs toujours) à amorcer un développement économique via une stratégie touristique basée sur l’évènementiel et l’animation culturelle et artistique. Pour concrétiser cela sur le terrain, il fallait travailler dur, rassembler les énergies et fédérer les synergies. Cela demande une vrai maîtrise de ce que l’on projette à faire et une bonne approche de communication.
L’Association Essaouira Mogador s’investit dans cette dynamique sous la présidence d’André Azoulay, homme de grande communication, imbibé par une grande ouverture d’esprit et fervent défenseur de l’interculturalité, la tolérance et l’ouverture d’esprit vers les autres civilisations. Le projet va prendre forme avec le premier festival Gnaoua, qui dès la deuxième édition connaîtra une audience nationale inégalable. A partir de la troisième édition le festival grandit bien et s’ouvre sérieusement à l’internationale avec le thème Gnaoua et Musiques du Monde.
Les fusions entre la World Music et les Gnaoua donnèrent au festival une dimension formidable avec des échos plus que favorables chez les mâalem Gnaoua, d’abord, puis chez les musiciens occidentaux et enfin sur le grand public marocain. Jamais une petite ville ne fut tellement envahi par les festivaliers jusqu’à tripler le nombre de sa population. C’était vraiment de l’inédit. Essaouira avait trouvé là l’amorce de son développement touristique , donc économique, et le bon prétexte pour faire venir des visiteurs non seulement durant le festival Gnaoua mais également durant toute l’année.
Ce fut le début de la renaissance de la Cité des Alizés. Nombreux sont les nationaux qui ont découvert Essaouira. Nombreux sont les touristes qui en sont tombés amoureux à tel point d’y revenir souvent et même de s’y installer définitivement pour certains. La grande valse des festivals initié par le festival Gnaoua, le festival des festival au Maroc, fut suivi par d’autres dans un autre registre mais qui vont consolider l’apport des Gnaoua et renforcer l’image d’Essaouira en tant que destination touristique émergeante.
Le festival des Andalousies Atlantiques et le festival de la musique classique Printemps des Alizés, apportent à la Cité des Alizés non seulement des visiteurs nouveaux chaque année mais encore plus permettent à l’investissement touristique de se développement sérieusement. Outre les petits Ryads ouverts par ci et par là à la Madina et même extra muros, le grand investissement réalisé par Accor avec le Sofitel couronna cette marche de développement touristique avec des lettres de noblesse.
Essaouira franchit ainsi un grand pas et se trouve projeter dans la cours des destinations touristiques prisées à la fois par les nationaux comme par les touristes étrangers. Les investissements touristiques et hôteliers continuent mais ne se ressemblent pas. La suite viendra avec le Royal Atlas, établissement cinq étoiles appartenant à la RAM. Le plus gros investissement sera celui de la nouvelle station balnéaire Essaouira Mogador, dont le golf de 18 trous est ouvert récemment.
Le pari est magistralement gagné et la Cité des Alizés fait désormais partie du registre des villes à vocation principalement touristique faisant du tourisme un vrai vecteur de développement économique et social. Sauf que cela est bâti sur la culture, l’ouverture d’esprit, sur l’art, sur la tolérance. C’est ce qui fait toute la différence, toute la particularité, tout le Salut également. |